What IF le journal de l'imaginaire

Un choix, une décision, un instant et le monde aurait pu être différent. Découvrez cet univers de news imaginaire...

Et si l'argent ne faisait plus tourner le monde !

8 jours pour arriver vers la fin du capitalisme que nous connaissons

Et si les hommes avaient enfin les mêmes droits que les femmes ?

Dans un monde dominé en grande partie par les femmes les hommes veulent l'égalité

Et si Google vous prenait le coeur ?

Google rachète l’application « Heart Beat Rate », véritable «cardio-fréquencemètre » de poche.

Et si Facebook avait existé en 1914 ?

Qu'aurait bien pu raconter un poilu sur ce réseau social?

Si Jérôme Cahuzac avait eu de l'imagination, voici ce qu'il aurait dit

Christian Millau s'est glissé dans la tête de l’ex-ministre pour une nouvelle confession, imaginaire celle-là.

Et si nous avions interviewé Shane Blake Man le réalisateur d'IRON MAN 3 !

Critique décalée mais tellement juste du film de Shane Blake Iron Man 3

mercredi 10 juillet 2013

Et si Jesse Metcalfe était le prochain Spiderman ?

Ce jeune acteur mieux connu pour son rôle de John Rowland sur ABC Desperate Housewives devrait jouer dans The Amazing Spider-Man 3. Alors que The Amazing Spider-Man 2 prévu en 2014 avec Andrew Garfield n’est pas encore sorti sur nos écrans, voilà qu’une nouvelle rumeur enfle aux États-Unis sur le nom du prochain acteur qui jouera Spiderman. D’après nos sources Stan lee et John romita sr feraient des pieds et des mains auprès du distributeur Sony Pictures
Releasing pour que Jesse Metcalfe soit le prochain Spiderman. C’est en effet, au cours d’un épisode de Dallas 2012 que Stan Lee aurait appelé son ami, John Romita Sr, pour lui dire « do not you think it looks like Peter Parker that you drew in from 1966 » et John romita sr de répondre « Marvelous ».

Depuis, en tant que producteur chez Marvel Entertainment, il pèse de tout son poids pour convaincre les parties prenantes dans ce projet. Or la chaine américaine TNT qui a déjà annoncé le renouvellement de la saison 3 du reboot de Dallas n’est pas prête à le laisser partir. Si ça devait se faire, il est fort à parier que les scénaristes devront faire preuve d’imagination (hospitalisation, kidnapping…) pour justifier l’absence à l’écran de Christopher Ewing.

Ce n’est pas un hasard si Stan Lee souhaite plus que tout cet acteur dans le rôle de Peter Parker. Il ne sait jamais caché sur le fait que les deux derniers acteurs à avoir joué ce rôle ne ressemblaient pas au Peter Parker des origines. Et si la tendance veut qu’on se rapproche plus du réalisme proposé dans Marvel Ultimate (voir Jamie Fox en électro)il reste convaincu que de nombreux Fans sont attachés au dessin de John Romita Sr.

Interviewé chez IGN il répond « it's amazing how this actor like Peter Parker » tout en montrant une planche à dessin reprenant les fameux dessins de John Romita Sr entrecoupé des photos de Jesse Metcalfe (voir image). Et effectivement, la ressemblance est frappante à croire que Jesse Metcalfe est né sous la plume de John Romita Sr.

Mais qui est en réalité Jesse Metcalfe. Bien connu pour être John Rowland, le jardinier et amant d'Eva Longoria dans la très populaire série « Desperate Housewives », Jesse Metcalfe fait ici ses débuts au cinéma. Avant John Tucker, il a déjà incarné un briseur de cœurs pendant quatre ans dans le soap de NBC « Passions », avec le rôle de Miguel Lopez-Fitzgerald. Il a quitté la série en 2004. Il a par ailleurs été l'interprète du téléfilm 44 Minutes : The North Hollywood Shoot-Out Jesse Metcalfe a reçu le Young Hollywood Award for Exciting New Face 2005, et a été nommé à deux Teen Choice Awards 2005, dont celui du meilleur acteur dans une série de comédie. Il a également interprété le rôle de John Tucker dans John Tucker doit mourir de Betty Thomas, aux côtés de Brittany Snow et Sophia Bush.

Mais question super héros il n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il jouait déjà le rôle récurrent de Van McNulty dans la saison 3 de « Smallville ». Il est étonnant que Stan Lee ne l’ait pas contacté avant. À moins qu’il ne regarde pas les séries issues de DC comics !


En attendant et toujours selon IGN Spider-Man 3 et 4 seront en salle respectivement le 10 juin 2016 et le 4 mai 2018. 

samedi 4 mai 2013

Et si nous avions interviewé Shane Blake Man le réalisateur d'IRON MAN 3


Et si : Bonjour Shane, vous permettez que je vous appel Shane ?

Shane : yes !



Et si : je vous avoue qu'à la rédaction nous avons été partagé par cette adaptation qui nous semble plus se rapprocher du film pop corn, que certains ont visiblement apprécié, que d’un produit Marvel. On sent d’ailleurs que Disney et sa grosse artillerie marketing sont passés par là…

Shane : yes !

Et si : Ce qui nous a navré c’est que vous ne vous contentez pas de bastonner J. Favreau (garde du corps de Tony Stark et réalisateur des premiers opus) à l’écran, mais vous défoncez également son travail (bonjour la métaphore).C'était si difficile de passer après le premier Iron Man !

Shane : Oh Iron Man, a guy in a suit of armor, how it works, who cares.(translate : Ah oui Iron Man, un gars dans une armure, comment elle marche, on s’en tape")

Et si : C’est bien ça le problème ! JF (et ses scénaristes) se sont pétés le cul, tout en respectant le matériau d’origine (si si les fans ont droit aussi à leur carotte), à nous faire croire qu’un gars pouvait porter une armure après s’être fait kidnapper et, grâce à son génie, inventer une source d’alimentation extraordinaire qu’il utiliserait d’abord comme un électro aimant, empêchant par la même un éclat d’obus d’atteindre son cœur (c’était sensé être inopérable et on lui retire dans IM3 avec une pince à épiler, poilant non !!) , puis comme l’alimentation de sa dite armure. Au passage on se demandera comment, si son armure fonctionne avec son plastron, Rodhey a pu lui piquer le proto de War Machine…Enfin... L’humour dont faisait preuve Tony Stark dans ce premier volet venait contre balancer le côté sérieux et réaliste (grotte afghane, torture, etc.) et se mettre ainsi le spectateur dans la poche, formule « Marvelienne » déjà éprouvée sur les autres films de la franchise (Serval se moquant de son costume « et pourquoi pas en jaune »). Cette formule permettant au spectateur de s'identifier encore plus au personnage principal qui semblait aussi perplexe que lui. Bref, on y a cru ! La mayonnaise était bonne. Dans IM3 sa contrebalance plus rien, on est dans la gaudriole tout le temps. Pourquoi avoir fait de se film une grosse farce avec comme ingrédient une "réflexion très poussée" :


Shane (directement traduit): il fallait faire oublié John Favreau alors, la maison High Tech de Stark imaginée par lui, comme le reste, je la pète (ça lui fera les pieds) avec quelques missiles tirés de plusieurs hélicos ! En plus c'était cool je tenais ma grosse scène de démolition, allez les bagnoles de collection à la flotte…


Et si : Vous êtes sûr ? Il est quand même bien au courant qu’on lui en veut, il vient de filer son adresse à la télé pour en découdre avec le Mandarin. Il a surement de quoi faire face avec toute sa techno, sans parler des « Iron Legion », les autres armures d'Iron Man planquées dans ses sous-sols. Allô JARVY y dort ?

Shane:  Laisse, on s’en fout un bon missile et ça pète tout j’te dis, en plus t’as raison, JARVY [intelligence artificiel qui gère tout l’électronique de la maison, armure y compris] ne ferra pas son taf, c’est écris là, tient regarde, il laisse rentrer n’importe qui. Comment je démarre mon film sinon ?

Et si : Il a fallut qu’on voit plus notre Robert Downey Jr (il a négocié un gros cachet) ?

Shane:  Je me suis dit "Merde comment on fait !" et j'ai pensé "Ah oui, et si à plusieurs moments il ne pouvait pas mettre son armure entièrement ? Cool non ! J'ai donc rendu différente partie de l'amure autonome. 

Et si :  Çà marche à quoi au fait ?

Shane:  On s’en fout … en plus ça vole et 1300 bornes, une paille, tu penses !

Et si :  Tu as fait comment ? (le tutoiement passe inaperçu en anglais mais reflète plus fidèlement le ton détaché de la conversation)

Shane:  On n’a eu qu’à dire qu’une partie de l’armure s’est échappée et pas le reste.

Et si :  T’es sur, c’est crédible çà ?

Shane:  On s’en fout, j’te dis, laisse, j'ai règle ça au montage, ils n’y ont vu que du feu.

Et si :  Et les autres parties de l'armure, elles défoncent cette pauvre porte en bois qui les bloque ?

Shane:  Non malheureux, ah quoi sert le gosse sinon, t’es con ?

Et si : Ah oui, bien vu le coup du gosse, te connaissant tu vas encore nous faire rire avec quelques truculentes répliques.

Shane:  Pour sur, Disney veut qu’il soit le plus longtemps possible à l’écran et qu’il aide Tony, il faut une vraie identification avec les plus jeunes. On va pouvoir vendre plusieurs bouts de l’armure séparément dans les magasins Disney.

Et si : Ah et pour l’armure d’Iron Patriot (ex War Machine), le Bad Guy il a une formation accélérée pour manipuler l’armure ?

Shane:  Hein quoi ?
Et si : Ben oui, t’as vu comment il en a chié, Tony Stark la première fois ? (Cf : IronMan)

Shane:  Pas con, mais pas le temps de régler ce détail, on ne dit rien, de toute façon le spectateur le découvre après.

Et si : Et pour le président il ne contrôle pas l’armure une fois dedans ?

Shane:  Non, le méchant la reprogrammée.

Et si : Ce n’est pas trop compliqué, ça prend du temps ?

Shane:  Pourquoi tu demandes, j’m’en fous, moins j’explique plus c’est crédible mon pote !

Et si : Ah ok, et comment on fait pour le Mandarin ? C’est enfin le grand méchant tant attendu dans l'univers Marvel ?
Shane:  T'es pas fou, en quoi c’est drôle ? Tu n’y penses pas, non non, on va faire un twist génial relayé par la trop cool bande annonce qui montrera tout le potentiel d'un vrai super méchant qui ne sera en définitif qu'une lopette. ça va faire rire les gens ;)

Et si : D’accord, mais les fans, tu sais qu’ils ont relevé plein de détails sur les 10 anneaux dans les derniers films (bagues du Mandarin) !

Shane:  Les quoi ? Tu croix pas que c’est eux qui vont remplir mes salles ? En plus ca va encore plus faire chier JF.

Et si : Comment on fait pour sa meuf à Stark ?
Shane:  Pepper Potts, on n’a qu’à lui filer des pouvoirs pour défoncer le méchant à la fin. Pas con, en plus on augmente la cible, après les gosses, les filles, coooool…

Et si : Pour la scène dramatique, tu crois que Tony doit demander à une de ses 20 armures qui tournent autour d'eux de tenter de la sauver ?

Shane:  Arrête, je l’ai bourrée de technologie Extremis, elle va survivre, en plus je ne préfère pas qu’il en fasse des tonnes en la voyant tomber de 30 mètres dans les flammes, ça doit rester drôle, d’ailleurs j’ai ajouté le retour du fils prodigue (armure M42), on va y croire à fond, top héroïque et puis je la fracasse juste au moment où elle va habiller Tony, genre zut elle a trébuché en se posant, tu vas voir, on va bien rigoler.

Et si : Mais je croyais qu’elle pouvait résister à une chute énorme et traverser tout une forêt ?

Shane:  Ah ben, on n’a qu’à dire qu’elle est fragile quand il n’y a personne dedans. Du coup, çà me fait penser à une autre blague, tient pour la scène de l’avion, on va faire croire que c’est Tony qui sauve les gens dans son armure et puis on la fracasse sur un camion qu'il n'a pas vu, mortel le twist ! Call me "king Twist" !

Et si : A part faire rire, c’est quoi l’intérêt ? De plus elle semble fragile avec lui dedans quand il fait ses tests au début du film. Une pichenette et tout s’écroule, rappelle-toi !

Shane:  T’es chiant avec ces détails, elle pète quand je le dis, là t’es content ?
Et si : Ah ok ? Et pour le final, faut que çà pète aussi non ?

Shane:  Effectivement, et si on faisait sauter toutes les armures pour faire plaisir à Pepper qui en avait marre que Tony la délaisse...

Et si : Mais ne vient-elle pas de dire qu'elle comprenait l’utilité des armures dans la baston finale ? En plus, au vu des nuits blanches de son homme et le pognon que çà a coûté, ne peut-on pas les recycler ? On va se mettre les écolos à dos.

Shane:  Ah, zut, tant pis ! Toute façon j’ai dis à Marv. que j’allais faire un grand feu d’artifice.

Et si : Et pour la partie post générique, vous n'avez pas lancé la phase 2, tu sais la petite scène d'une minute qu'on fait toujours à la fin des films Marvel et qui donne envie aux fans d'attendre les prochains films, vu qu’ici on n’a rien annoncé ?

Shane:  La quoi ! T’es pas bien ! Laisse j’avais encore une dernière blague en réserve : j'ai dit que Tony raconte le film à Banner le physicien (Hulk) et que ce dernier s'est endormi dès le début car il n'est pas psy - Arf décidément je suis trop drôle.

Et si (épilogue) : Bref, vous l’aurez compris, un troisième volet qui vient rejoindre celui de Brett Ratner (X-men 3) dans le panthéon des suites ratées (mais qui font un maximum de fric). A force d’élargir le public à coup de « jt’en met plein la gueule sans me soucier d’une quelconque cohérence », on finit par servir une soupe qui forcément laissera cette question en suspens : pourquoi ?

Allez, let’s twist again…
+stephane Gautheron

vendredi 19 avril 2013

Si Jérôme Cahuzac avait eu de l'imagination, voici ce qu'il aurait dit


Au lendemain de la confession télévisée de Jérôme Cahuzac, qui a suscité pas mal d’interrogations, ce mauvais esprit de Christian Millau s'est glissé dans la tête de l’ex-ministre pour une nouvelle confession, imaginaire celle-là. 


Mais, boudieu, quelle connerie je viens encore de faire ! Même à droite, mes adversaires disent que je suis très intelligent. Et pourtant… Le drame, c’est qu’on n’écoute que  les mauvais conseils.


“Vas-y, tu vas voir, elle est formidable !“ Les derniers amis qui me restent m’ont littéralement poussé dans ses bras.  Résultat, le lendemain de mon déballage, ficelé comme un paquet-cadeau de chez Fauchon, les médias, un coup de plus, me sont tombés dessus. Certains, je ne les ai convaincus qu’à moitié et d’autres comme “Libération“, le carnet mondain de Rothschild, pas l’ombre d’une miette. J’aurais dû me méfier de cette dame Hommel, le petit génie de la com’ qui avait planté Strauss-Kahn sur le plateau de TF1 avec une confession brodée au petit point. A part Claire Chazal, qui retenait ses larmes, la France entière a rigolé au spectacle d’un DSK clapotant dans le bénitier de la repentance. Il aurait dit :”Tirer des coups, j’aime cela et alors, où est le mal ? Ne suis-je pas dans la grande tradition  gauloise ? ”, qu’il aurait mis tout le monde dans sa poche.

Moi aussi, je me suis laissé avoir quand dame Hommel m’a servi son truc miracle : la "faute morale". A confesser la main sur le cœur et droit dans les yeux. Sur le moment, j’ai complétement oublié qu’elle avait déjà refilé le bonbon à ce pauvre Dominique. Et moi qui ressors le vieux bout de guimauve du paquet ! C’est atterrant.

Dans ce déballage, il n’y a eu qu’une seule bricole que je ne regrette pas. Et elle ne m’a même pas été soufflée par ma communicante. C’est quand, interrogé sur ce que savait Pépère de ma carambouille, j’ai répondu :”J’ignore quel était son degré de connaissance de mon affaire". Et vlan ! Bonjour la peau de banane ! Lui qui aime les douceurs, il va pouvoir se régaler. Soit dit en passant, le parti socialiste ne s’est jamais relevé de la disparition de François Mitterrand, le seul président de la Ve, issu de la droite vichyste. Plutôt marrant quand on y pense.

Depuis, J’ai bien réfléchi. Si c’était à refaire, voici ce que je dirais. La vérité, toute la vérité, rien que la vérité :

"Mes chers compatriotes, je regrette très sincèrement ma conduite inqualifiable. Je me suis laissé prendre aux pattes comme un bleu. Je tiens à m’en excuser auprès des milliers de Français, de gauche comme de droite, qui ont des comptes dans les paradis fiscaux  et, Dieu les garde, ne se réveillent pas la nuit en se frappant la poitrine sous le poids du remords. Ils font gaffe, voilà tout, alors que moi, comme une truffe, je ne me suis pas méfié de ces fichus portables qu’on laisse bêtement ouverts tandis qu’on déballe des tas de petites saletés qui ne regardent personne.

Le progrès technique est une catastrophe. Jamais avec le bon vieux téléphone de papa, au  temps du "22 à Asnières", un pareil sac de nœuds n’aurait mis la République sur les genoux. Oui, je suis vraiment désolé et avant de me faire oublier pendant quelque temps, je voudrais, mes chers compatriotes, vous donner un dernier conseil : "Souvenez-vous de vous méfier"."



Source : Atlantico  par Christian Millau Grand reporter, critique littéraire, satiriste, Christian Millau est aussi écrivain.  Parmi ses parutions les plus récentes : Au galop des hussards (Grand prix de l'Académie française de la biographie et prix Joseph-Kessel), Bons baisers du goulag et aux éditions du Rocher,  Le Petit Roman du vin, Journal impoli (prix du livre incorrect 2011), Journal d'un mauvais Français (21 avril 2012) et Dictionnaire d'un peu tout et n'importe quoi (Rocher, 2013)

Et si Facebook avait existé en 1914 ?

Qu'aurait bien pu raconter un poilu sur ce réseau social? Le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux et l'agence DDB Paris ont imaginé une expérience digitale inédite: créer le profil Facebook d'un jeune Français embarqué dans la guerre de 14-18.

"À l'heure où 23 millions de Français racontent quotidiennement leur vie à travers leurs posts et statuts sur Facebook, imaginez ce que ces mêmes internautes, plongés subitement dans le fracas du 20e siècle, auraient eu à raconter", explique l'agence qui a eu l'idée du dispositif "Facebook 1914".

Depuis le 10 avril au soir, les internautes peuvent suivre le compte Facebook de Léon Vivien, jeune instituteur Français, qui sera jeté dans la boue des tranchées.




















Léon Vivien est un personnage fictif, il n'a jamais existé et sa photo de profil Facebook (comme celles de tous les personnages de "Facebook 1914") est une création artistique à partir d'images d'époque. Mais tout ce que raconte et partage Léon Vivien sur le réseau social a été décidé sur la base de la documentation du Musée, et avec la caution de l'historien Jean-Pierre Verney.

De l'attentat de Sarajevo aux tranchées

Le profil de Léon Vivien débute le 28 juin 1914, le jour de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à Sarajevo et l'élément déclencheur de la Première Guerre mondiale. Léon ne rejoint pas directement l'armée. Jugé trop chétif par les médecins, l'instituteur est d'abord réformé.

"On commence ainsi l'histoire de Léon avec un point de vue de l'arrière et c'était important d'avoir cet aspect et de ne pas se contenter de ce qui se passe sur le front", précise Michel Rouger, le directeur du Musée de la Grande Guerre.

Dans cette période d'"avant-guerre", Léon entretient une correspondance avec ses amis déjà parti au combat, livre son état d'esprit sur la guerre, raconte sa vie d'instituteur... jusqu'à ce qu'il soit accepté dans l'armée et rejoigne le front, le 10 avril 1915.

leon vivien appel sous les drapeaux


A partir de cette date, "Facebook 1914" passe au temps réel. Les internautes qui s'abonnent à la page de Léon Vivien (www.facebook.com/leon1914) peuvent suivre les journées de ce soldat à raison de cinq publications par jour.

Le compte Facebook de Léon Vivien va-t-il être alimenté pendant quatre ans, soit jusqu'à la fin du conflit? La réponse est non. "Facebook 1914" a une date d'expiration: le 17 mai 1915. Au total Léon publiera 220 fois sur son profil. "Tenir quatre ans aurait été difficile, travailler sur une période courte nous permet d'être plus denses et précis", explique DDB Paris. "Utiliser Facebook c'est attractif, mais cela ne devait pas nous empêcher d'être irréprochables!", renchérit le directeur du musée qui met les experts de 14-18 au défi de trouver une erreur.

Réécrire l'histoire comme si les réseaux sociaux existaient, c'est aussi ce que fait Alwyn Collinson, un passionné d'histoire de 25 ans qui s'est lancé dans un projet plus fou encore: depuis le 31 août 2011, il tweete la Seconde Guerre mondiale 72 ans après l'invasion allemande en Pologne sur le compte @RealTimeWWII. Dates clés, illustrations, vidéos, tout y est. Et Alwyn Collinson devrait tenir son compte jusqu'en septembre 2017.

"La différence avec les livetweets historiques, c'est le point de vue que nous avons choisi, se défendent les membres du projet "Facebook 1914". Nous avons décidé de raconter l'histoire d'un point de vue humain."

Avec ce dispositif, le Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux et l'agence DDB Paris espèrent toucher les jeunes utilisateurs du réseau social et les classes qui étudient cette guerre... mais pas seulement. "Facebook n'est pas réservé aux jeunes, la moyenne d'âge y est de 33 ans, rappelle DDB Paris, nous ciblons donc les passionnés d'histoire, les passionnés d'histoires humaines et les curieux".

Moins de 24 heures après le lancement de la page de Léon Vivien, près de 4,000 internautes suivent déjà le quotidien de ce poilu 2.0.

Source :  / Lauren.Provost@huffingtonpost.fr

mercredi 13 mars 2013

40 ans après Benoît XVI, le conclave 2.0 ?

Par , publié dans l'express le 


En 2053, comment se déroulera l'élection d'un nouveau pape? La réponse numérologique, sous forme de religion-fiction, de David Abiker. On s'éloigne ici de l'objet du blog mais je ne résiste pas à vous faire partager cet article qui sera sans doute considéré comme une uchronie dans quarante ans.


Il était le benjamin des 119 cardinaux qui entrèrent en conclave le 10 mars 2053 pour choisir un successeur à Jean-Paul III. Sa vie spirituelle durant, il avait espéré ce moment comme le "climax" de sa carrière ecclésiastique. 
D'abord parce qu'il s'était engagé très tôt pour l'ordination des femmes et le mariage des prêtres, finalement autorisés par Vatican IV quinze ans plus tôt, mais surtout parce qu'il avait été l'un des premiers à proposer que le conclave soit filmé et ses droits cédés à la RAI. 
57 millions d'euros. 
Il venait d'être nommé à la tête de la section des Affaires générales quand il en avait lâché l'idée dans une interview au Corriere Della Sera. Il défendait aussi la fin du secret de l'élection du pape, invoquant l'attachement des fidèles à la transparence ainsi que leur volonté de participer à la vie de l'Eglise. Ses propos avaient suscité un tollé avant de s'imposer comme une évidence. 
En ce 10 mars, alors que le scrutin peinait à désigner un successeur à Jean-Paul III, la présence de webcams dans la chapelle Sixtine actionnée de l'extérieur par la régie du Vatican choquait à peine les derniers brontosaures du traditionalisme. A vrai dire, ce qui excitait aussi bien les médias que les sites de paris en ligne, c'était évidemment la consultation électronique des catholiques du monde entier via une procédure de vote online ultra sécurisée. 
A l'origine, l'idée en revenait à Benoît XVI dans un document versé aux archives secrètes de l'Eglise, puis déclassifié trente ans après sa mort. Il avait repris le projet à son compte dans une tribune qu'il avait intitulée Benedictus, le numérique
Le conclave était donc filmé, accessible aux cathonautes en streaming sur le site du Vatican, avec incrustation de leurs tweets modérés a posteriori, leur conférant une influence non négligeable sur le choix du nouveau Souverain pontife. Par deux fois déjà, une fumée noire s'était échappée de la cheminée de la chapelle Sixtine, tandis que quatre lumières monumentales avaient rougi sur le balcon de la façade de Saint-Pierre de Rome. Il en aurait fallu quatre bleues pour que l'Eglise apostolique et romaine rende public le nom de son nouveau chef. Grâce à lui, l'Eglise comblait son retard technologique. 
Il photographia ses collègues en postant sur Faithbook leur portrait, sous lesquels se multipliaient les "likes". Toutefois, c'est via Twitter qu'avant le premier tour de scrutin, il avait posté le serment rituel des cardinaux: "Je prends à témoin Notre Seigneur Jésus Christ, qui me jugera, que j'élirai celui que je crois devoir élire devant Dieu J". Le Camerlingue avait pourtant donné des consignes strictes: "Ce n'est pas parce que la presse titre Paul 7.0 qu'il faut twitter nos débats; nous sommes symboliquement coupés du monde!" Certains membres du Collège Cardinalice avaient souri à l'évocation de cet anachronisme. 
De ce Conclave 2.0, il avait rêvé petit garçon, un 12 décembre 2012, en découvrant sur YouTube Benoît XVI twitter pour la première fois
Quand vint le 3e tour de scrutin, Son Eminence remplit son bulletin d'une écriture non reconnaissable, le leva solennellement, puis le fit glisser dans le calice posé sur l'autel. Les autres cardinaux firent de même, avant 500 millions de catholiques dont les votes en ligne pondérèrent celui du collège. Cette fois, quatre lumières bleues illuminèrent la façade qui donnait sur la place Saint-Pierre, tandis qu'une fumée blanche apparaissait sur les écrans du monde entier. 
S'en suivit une panne de réseau mondiale qui dura jusqu'à Pâques. A ce jour, aucun ingénieur n'est parvenu à l'expliquer. 
En revanche, certains prélats ont leur petite idée.