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Qu'aurait bien pu raconter un poilu sur ce réseau social?

Si Jérôme Cahuzac avait eu de l'imagination, voici ce qu'il aurait dit

Christian Millau s'est glissé dans la tête de l’ex-ministre pour une nouvelle confession, imaginaire celle-là.

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vendredi 19 avril 2013

Si Jérôme Cahuzac avait eu de l'imagination, voici ce qu'il aurait dit


Au lendemain de la confession télévisée de Jérôme Cahuzac, qui a suscité pas mal d’interrogations, ce mauvais esprit de Christian Millau s'est glissé dans la tête de l’ex-ministre pour une nouvelle confession, imaginaire celle-là. 


Mais, boudieu, quelle connerie je viens encore de faire ! Même à droite, mes adversaires disent que je suis très intelligent. Et pourtant… Le drame, c’est qu’on n’écoute que  les mauvais conseils.


“Vas-y, tu vas voir, elle est formidable !“ Les derniers amis qui me restent m’ont littéralement poussé dans ses bras.  Résultat, le lendemain de mon déballage, ficelé comme un paquet-cadeau de chez Fauchon, les médias, un coup de plus, me sont tombés dessus. Certains, je ne les ai convaincus qu’à moitié et d’autres comme “Libération“, le carnet mondain de Rothschild, pas l’ombre d’une miette. J’aurais dû me méfier de cette dame Hommel, le petit génie de la com’ qui avait planté Strauss-Kahn sur le plateau de TF1 avec une confession brodée au petit point. A part Claire Chazal, qui retenait ses larmes, la France entière a rigolé au spectacle d’un DSK clapotant dans le bénitier de la repentance. Il aurait dit :”Tirer des coups, j’aime cela et alors, où est le mal ? Ne suis-je pas dans la grande tradition  gauloise ? ”, qu’il aurait mis tout le monde dans sa poche.

Moi aussi, je me suis laissé avoir quand dame Hommel m’a servi son truc miracle : la "faute morale". A confesser la main sur le cœur et droit dans les yeux. Sur le moment, j’ai complétement oublié qu’elle avait déjà refilé le bonbon à ce pauvre Dominique. Et moi qui ressors le vieux bout de guimauve du paquet ! C’est atterrant.

Dans ce déballage, il n’y a eu qu’une seule bricole que je ne regrette pas. Et elle ne m’a même pas été soufflée par ma communicante. C’est quand, interrogé sur ce que savait Pépère de ma carambouille, j’ai répondu :”J’ignore quel était son degré de connaissance de mon affaire". Et vlan ! Bonjour la peau de banane ! Lui qui aime les douceurs, il va pouvoir se régaler. Soit dit en passant, le parti socialiste ne s’est jamais relevé de la disparition de François Mitterrand, le seul président de la Ve, issu de la droite vichyste. Plutôt marrant quand on y pense.

Depuis, J’ai bien réfléchi. Si c’était à refaire, voici ce que je dirais. La vérité, toute la vérité, rien que la vérité :

"Mes chers compatriotes, je regrette très sincèrement ma conduite inqualifiable. Je me suis laissé prendre aux pattes comme un bleu. Je tiens à m’en excuser auprès des milliers de Français, de gauche comme de droite, qui ont des comptes dans les paradis fiscaux  et, Dieu les garde, ne se réveillent pas la nuit en se frappant la poitrine sous le poids du remords. Ils font gaffe, voilà tout, alors que moi, comme une truffe, je ne me suis pas méfié de ces fichus portables qu’on laisse bêtement ouverts tandis qu’on déballe des tas de petites saletés qui ne regardent personne.

Le progrès technique est une catastrophe. Jamais avec le bon vieux téléphone de papa, au  temps du "22 à Asnières", un pareil sac de nœuds n’aurait mis la République sur les genoux. Oui, je suis vraiment désolé et avant de me faire oublier pendant quelque temps, je voudrais, mes chers compatriotes, vous donner un dernier conseil : "Souvenez-vous de vous méfier"."



Source : Atlantico  par Christian Millau Grand reporter, critique littéraire, satiriste, Christian Millau est aussi écrivain.  Parmi ses parutions les plus récentes : Au galop des hussards (Grand prix de l'Académie française de la biographie et prix Joseph-Kessel), Bons baisers du goulag et aux éditions du Rocher,  Le Petit Roman du vin, Journal impoli (prix du livre incorrect 2011), Journal d'un mauvais Français (21 avril 2012) et Dictionnaire d'un peu tout et n'importe quoi (Rocher, 2013)

Et si Facebook avait existé en 1914 ?

Qu'aurait bien pu raconter un poilu sur ce réseau social? Le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux et l'agence DDB Paris ont imaginé une expérience digitale inédite: créer le profil Facebook d'un jeune Français embarqué dans la guerre de 14-18.

"À l'heure où 23 millions de Français racontent quotidiennement leur vie à travers leurs posts et statuts sur Facebook, imaginez ce que ces mêmes internautes, plongés subitement dans le fracas du 20e siècle, auraient eu à raconter", explique l'agence qui a eu l'idée du dispositif "Facebook 1914".

Depuis le 10 avril au soir, les internautes peuvent suivre le compte Facebook de Léon Vivien, jeune instituteur Français, qui sera jeté dans la boue des tranchées.




















Léon Vivien est un personnage fictif, il n'a jamais existé et sa photo de profil Facebook (comme celles de tous les personnages de "Facebook 1914") est une création artistique à partir d'images d'époque. Mais tout ce que raconte et partage Léon Vivien sur le réseau social a été décidé sur la base de la documentation du Musée, et avec la caution de l'historien Jean-Pierre Verney.

De l'attentat de Sarajevo aux tranchées

Le profil de Léon Vivien débute le 28 juin 1914, le jour de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à Sarajevo et l'élément déclencheur de la Première Guerre mondiale. Léon ne rejoint pas directement l'armée. Jugé trop chétif par les médecins, l'instituteur est d'abord réformé.

"On commence ainsi l'histoire de Léon avec un point de vue de l'arrière et c'était important d'avoir cet aspect et de ne pas se contenter de ce qui se passe sur le front", précise Michel Rouger, le directeur du Musée de la Grande Guerre.

Dans cette période d'"avant-guerre", Léon entretient une correspondance avec ses amis déjà parti au combat, livre son état d'esprit sur la guerre, raconte sa vie d'instituteur... jusqu'à ce qu'il soit accepté dans l'armée et rejoigne le front, le 10 avril 1915.

leon vivien appel sous les drapeaux


A partir de cette date, "Facebook 1914" passe au temps réel. Les internautes qui s'abonnent à la page de Léon Vivien (www.facebook.com/leon1914) peuvent suivre les journées de ce soldat à raison de cinq publications par jour.

Le compte Facebook de Léon Vivien va-t-il être alimenté pendant quatre ans, soit jusqu'à la fin du conflit? La réponse est non. "Facebook 1914" a une date d'expiration: le 17 mai 1915. Au total Léon publiera 220 fois sur son profil. "Tenir quatre ans aurait été difficile, travailler sur une période courte nous permet d'être plus denses et précis", explique DDB Paris. "Utiliser Facebook c'est attractif, mais cela ne devait pas nous empêcher d'être irréprochables!", renchérit le directeur du musée qui met les experts de 14-18 au défi de trouver une erreur.

Réécrire l'histoire comme si les réseaux sociaux existaient, c'est aussi ce que fait Alwyn Collinson, un passionné d'histoire de 25 ans qui s'est lancé dans un projet plus fou encore: depuis le 31 août 2011, il tweete la Seconde Guerre mondiale 72 ans après l'invasion allemande en Pologne sur le compte @RealTimeWWII. Dates clés, illustrations, vidéos, tout y est. Et Alwyn Collinson devrait tenir son compte jusqu'en septembre 2017.

"La différence avec les livetweets historiques, c'est le point de vue que nous avons choisi, se défendent les membres du projet "Facebook 1914". Nous avons décidé de raconter l'histoire d'un point de vue humain."

Avec ce dispositif, le Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux et l'agence DDB Paris espèrent toucher les jeunes utilisateurs du réseau social et les classes qui étudient cette guerre... mais pas seulement. "Facebook n'est pas réservé aux jeunes, la moyenne d'âge y est de 33 ans, rappelle DDB Paris, nous ciblons donc les passionnés d'histoire, les passionnés d'histoires humaines et les curieux".

Moins de 24 heures après le lancement de la page de Léon Vivien, près de 4,000 internautes suivent déjà le quotidien de ce poilu 2.0.

Source :  / Lauren.Provost@huffingtonpost.fr